» A Benjamin « 

1 décembre, 2008

Cahiers d'écolier, 1950-1960 

Enfant !

A l’age des rêves tendres, tes leçons tu dois apprendre !

L’histoire de ton beau pays, ou bien sa géographie.

Sur ta grammaire tu palis.

De ces fruits tu calcules le prix.

Enfant !

De la vie, tu fais l’apprentissage.

Si, un  homme  tu  veux  devenir.

A l’école ! sois bien sage. Tes leçons tu dois retenir.

                                          ETHANE

 » Fraternité « 

1 décembre, 2008

 

 

L’amertume emplit mon coeur,

Où se trouve donc le bonheur ?

Partout, dans  le monde s’élance,

Ce cris  de haine de violence ! 

Faut-il que  le sang coule,

Et que l’ humanité s’écroule ?

Au lieu d’aimer notre prochain,

Avec lui partager le pain,

Au nom d’un triste idéal, 

Lui tirer un dernier râle, 

Faire de tous ces joyeux bambins,

En un jours de tristes orphelins,

Allons !  Déposez les armes,

Que cessent de couler ces larmes.

                          ETHANE

 

 

 

 

 » Dernier sommeil  »

1 décembre, 2008

         

 Sur sa couche funèbre,

L’enfant dort de son dernier sommeil,

Ses longs cheveux épars sur l’oreiller frémissent,

Soulevés doucement par la brise,

Ses grands yeux noirs étonnés,

A jamais se sont fermés,

Comme elle est belle dans sa rigidité,

Son visage s’auréole de clarté,

Le chant des oiseaux, le vol léger des papillons,

Plus jamais ne la charmeront.

                    ETHANE

Le TAROT

12 octobre, 2008

           Le  TAROT               dans LITERRATURE 150px-Jean_Dodal_Tarot_trump_06

Ils sont là, tous devant moi en amis, enveloppés de leurs mystères. M’encourageant de leurs symboles a percer le secret dissimulé dans chacune de leurs arcanes.

Depuis un temps assez lointain, je suis attirée par les cartes, j’aime les toucher, les regarder.

J’essaie de monter une collection avec différents jeux quelque soit leur nature. Jeux de cartes classiques mais avec des variantes dans la décoration, selon l’origine du pays ou l’idée du décorateur guidé par un  anniversaire, un évènement, des personnages disparus ou ayant une certaine notoriété.

Parmi ces jeux se trouvent des tarots. C’est un de ces tarots que j’ai déployé devant moi, non pas celui inspiré des argonautes, de l’alchimie de l’or mais le plus connu  : le tarot de Marseille. En le regardant il me semble être devant une galerie de portraits comme on peut en voir dans les châteaux, portraits souvenirs perpétuant la tradition d’une famille.

Les idées dont s’inspire le tarot sont d’une extrême antiquité, les idées n’ont pas d’âge, elles sont aussi vieilles que la pensée humaine. Mais selon les époques elles ont été exprimés de différentes manières. L’origine du premier grand Tarot remonte pour le moins à Charles VI. En ce qui concerne le tarot de Marseille, un moule en bois de poirier signé du cartonnier Convert, et daté de 1760 se trouve au musée de Marseille.  Le nom de tarot lui-même a eu plusieurs explications dont ; Tarot ou rota : La roue,  Taro : une province de Lombardie,  Tarraco  : se plaindre,  Tarap : nom hébreux.

Mais la cinquième qui paraît la plus logique serait en fait  «   le livre des connaissances perdues  »  les sages, les grands initiés de l’ Egypte étaient des voyants.  Leurs connaissances  initiatiques leurs avaient peut-être  fait prévoir l’invasion des barbares, la disparition de toute une culture, les temples détruits, ainsi que les écoles initiatiques ou ils dispensaient à leurs élèves pendant de longues périodes, les connaissances accumulées grâce à la sagesse de leurs recherches, afin que ceux-ci puissent reprendre le flambeau derrière eux.  Comment préserver, éviter la perte de ce qui avait été assimilé et conservé  pendant plusieurs siècles  par les écoles initiatiques, écrire un livre, tout résumer ! ces connaissances, cette philosophie accumulées au cours des temps.!  Mais ce travail achevé à qui confier ce trésor, à qui faire confiance, l’homme ?… même le plus sage est vulnérable et ce livre pourrait tomber entre n’importe quelles mains pour un mauvais usage. Graver ces secrets importants sur la pierre ! elle ne résiste pas aux invasions et destructions barbares. Le métal ordinaire serait dévoré par la rouille, l’or ou autre métal noble seraient la proie des convoitises…   Et de là peut-être l’idée de ces Tarots initiatiques où les signes , les couleurs les lettres seraient dans l’ensemble un message pour qui, avec sagesse chercherait à comprendre une vérité dissimulée…. Le grand art du tarot est là : obliger a réfléchir, a penser, a chercher et….a trouver.

Si vous le permettez, nous allons commencer la promenade sentimentale, que l’on peut effectuer dans l’ensemble des lames majeurs par le premier,  » le Bateleur  » ce joueur de dés au chapeau étrange, il évoque la frivolité, sous son apparence de bouffon il domine pourtant le monde matériel. Devant lui une table massive à trois pieds appartient au monde de tous les jours, la quatrième invisible existe pourtant.  Il est le numéro 1 celui de la cause première, son chapeau en forme d’un 8 couché représente l’éternité,  l’infini… Sur la table figurent les quatre éléments  c’est la volonté, la force active pénétrant toute la création jusqu’au plus profond de ses abîmes pour donner naissance à la vie. Il utilise ce qui lui est donné avec une force infinie de possibilités qu’il a en lui. Le bateleur est une plante qui grandi dans l’ordre de la nature … Il est prêt a s’épanouir.

La deuxième lame : la Papesse est un être féminin capable de transmettre la vie du point de vue matériel  mais aussi spirituellement, elle est maîtresse.  Elle n’est pas la papesse au sens religieux, mais représente la connaissance intérieure, la spiritualité cachée dans la matière. Elle détient le livre de cette connaissance , il représente pour le Bateleur la possibilité d’y avoir accès. Sur sa tête les deux couronnes expriment, l’une le monde matériel,  l’autre le monde intellectuel,  son voile cache le monde spirituel. La papesse détient les secrets du livre de la vie, des clés du passé et de l’avenir… Je suis tout ce qui est et tout ce qui sera. Mon voile !!  jamais aucun être humain ne l’a encore soulevé.

L’impératrice est la troisième lame, sa couronne montre trois pointes, c’est elle qui règne sur la  naissance, la vie et la mort. C’est l’arcane de l’affirmation de la personnalité, elle est prête à aider le Bateleur pour parcourir un bout de chemin, elle règne sur le monde où nous vivons. L’aigle sur son blason lui conseille d’avancer, de se dépasser lui-même. Les douze étoiles qui  l’entoure figurent le zodiaque, le monde lui appartient, la sérénité de son visage fait songer à la vivacité intellectuelle et reflète l’énergie, la puissance matérielle, la rigueur, l’équilibre.  Son sceptre incliné impose la justice,  il est la puissance. Elle est sous l’emprise d’une trinité de symboles qui réunit les principes actifs et passifs.

Troisième lame du tarot, l’empereur c’est le nombre sacré du globe terrestre : minéral, végétal  animal  humain. Les quatre éléments  air feu eau terre : les quatre saisons, les quatre points cardinaux.

L’empereur porte le globe terrestre, il commande la vie terrestre et animale, il posséde la puissance réalisatrice, il a une base solide. Pour le Bateleur il est un guide, un arbitre, un garde-fou. Il oblige à la reflexion au raisonnement, son regard est fixé sur l’avenir. Le Bateleur doit jouer le jeu et se servir de la force, la tempérance et la justice avec les conseils de l’impératrice et l’aide de l’empereur… Il peut commencer à se réaliser, à se trouver. 

 Véme lame du tarot : le pape c’est l’ouverture d’esprit, l’adaptation du divin, à l’humain. Il est le guide, il aide et ne juge pas,  il porte la triple couronne donnant  : Le corps : celui de la matière, de la plante de l’animal.  L’esprit : celui de la loi, de l’instinct, la recherche . L’âme : L’ouverture sur le monde spirituel. Il est le chef de toutes les croyances, il unit le spirituel et la vie terrestre. La triple croix papale correspond au soleil et à ses six planètes : la lune et mercure : l’ imagination le rêve  l’intelligence pratique  : vénus et mars  : le sentiment et l’action  : jupiter et saturne  : l’esprit philosophique. Devant cette lame notre Bateleur le point, il faut trouver un temps de pause avant de poursuivre sa route.

La lame VI : l’amoureux c’est l’arcane du doute, il hésite entre le oui et le non, c’est l’obstacle, la réflexion, le temps de pause, l’attente, la croisée des chemins, le désordre ou  l’ordre le vice ou la vertu.  L’amoureux  doit trouver son chemin.  Deux femmes sur sa route, l’une représente la règle de vie disciplinant ses instincts, l’autre femme cherche a le retenir elle est la passivité, la tentation de la facilité… L’amoureux c’est l’humanité en présence de l’avenir et du passé.

La lame VII : le chariot, notre Bateleur a un peu vieilli, après le temps de la réflexion c’est le pas en avant, il réalise l’enseignement qu’il a reçu, il se trouve sur le chariot. Celui-ci tiré en oblique par deux chevaux regardant dans la même direction, il a mis sa capacité a équilibrer les forces antagonistes et a transformer cet antagonisme en une seule force motrice, avec assurance mais vigilance qu’il transmet au chariot, la vitesse voulue, il doit conduire avec prudence, l’imprévu peut menacer sa course.

Le temps s’est écoulé, les tarots vont rejoindre dans leur tiroir les autres jeux de ma collection, j’ai passé des moments agréables avec eux.

Ils m’ont donné matière à réflexion. Nous avons les outils à notre naissance, mais sommes - nous  capables de nous en servir, et si oui , Nous avons à combattre tant de barrages, d’erreurs, d’aveuglement, les aléas de la vie font parties du quotidien….. et cela est bien connu !!

La vie n’est pas un long fleuve tranquille………….

                                                                   ETHANE   

TOUTE UNE VIE

30 août, 2008

 Le Rouge-Gorge a enfilé son Gilet de Feu. Il regarde sa Belle d'un Air Langoureux.

Le soleil éclaire le jardin chassant les dernières zones d’ombre. Emilie, assise devant la fenêtre suit des yeux le petit rouge- gorge, qui posé sur le rebord la fixe de son oeil rond. Les souvenirs affleurent : Elle revoit la petite fille quelle était, le visage encadré de nattes brunes, jardinant aux cotés de sa mère, là aussi un rouge-gorge tout près les regardait.

Les années se sont écoulées avec leur cortège de joie et de tristesse. Ses cheveux sont gris, le temps a creusé son visage de fins sillons. Emilie assise bien droite sur sa chaise recouverte d’un velours cerise est encore très belle, d’une beauté estompée par le voile des vécus qui jour après jour ont défilé emportant sa jeunesse.

Elle est  habillée d’un corsage couleur crème  agrémenté d’un volant et d’une jupe beige qui descend sur ses bottines. Elle tient sur ses genoux un livre ouvert. Interrompant sa lecture Emilie laisse errer son regard au-delà de la vitre.

Des souvenirs encore…. Elle revoit cette terrible période de la guerre, son père mobilisé,  jamais revenu, mort aux champs d’honneur avait-on dit à sa mère.

Après cela bien sûr la vie avait changé, sa mère reprenait le métier de couturière les clientes ne manquaient pas en cette période de restrictions.

Sa scolarité terminée, Emilie passe une licence, puis enseigne l’anglais….C’est pendant cette année là qu’elle épouse son ami d’enfance Pierre. Deux enfants des jumelles Charlotte et Marion de charmants diablotins comblent le foyer de bonheur. La situation de son mari étant florissante elle quitte son poste au lycée et se consacre à la vie de famille. Pendant les vacances scolaires sa mère en grand-mère attentionnée accueille les fillettes dans cette proprièté qui était la sienne.

La vie de famille s’écoula heureuse et sans histoire jusqu’au jour où Emilie rencontra Julien chez des amis : Ce fut un véritable coup de foudre. Sa vie bascula… Pierre s’opposa au départ des enfants avec leur mère et c’est seule quelle rejoignit Julien. Son nouveau bonheur dura trois ans, puis Emilie regretta la folie qui lui avait fait perdre ses petites filles…. Ils se séparèrent sans heurt. Emilie travaillait dans un bureau d’étude à Paris. Elle avait la garde conjointe  de Charlotte et Marion . Pierre était remarié et lui avait pardonné son départ . Les Jumelles naviguaient entre les deux foyers.

A son tour elle refit sa vie et épousa Daniel dont elle eut un garçon, les jumelles ravies, maintenant adolescentes chouchoutèrent le petit Nathan.

Les années passèrent les filles étaient mariées et mères de famille.

Daniel et Nathan sont associés et viennent de partir à l’étranger pour leurs  affaires. Emilie n’a pu les suivre dans ce voyage. Depuis quelques temps sa santé lui cause du soucis qu’elle cache pour ne pas les inquiéter.

Son regard se perd dans le jardin, le soleil de cette fin d’après-midi caresse doucement les pavots rouges et roses, la corbeille d’argent, les campanules bleues : toutes ces fleurs forment un délicieux fouillis odorant multicolore.

Brusquement elle porte sa main à sa poitrine, une douleur fulgurante la fait pâlir ses traits se crispent…. Le livre sur ses genoux glisse et tombe à terre, elle tente de se lever mais son corps s’affaisse, sa tête s’incline sur le coté.

Emilie vient de quitter ce monde seule, sous le regard impassible du petit rouge-gorge

                        ETHANE

Une petite pierre en hommage des sculptures de Robert Lagadec

30 août, 2008

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                   LE JARDIN  DE L’ESPOIR

Il  fuyait droit devant lui totalement démuni. De son amour, il ne restait rien, que des souvenirs amers. Elle était partie, le soleil de son coeur, amoureuse d’un autre. La douleur qu’il ressentait était intolérable, comment oublier celle qui ensoleillait ses jours, le corps qui le ravissait, sa chevelure blonde éparse sur les épaules où il aimait enfouir son visage. Il ne pouvait résister à cette douleur si forte qu’il en perdait le sens de la réalité.

Il allait en aveugle poussé par le désespoir, tête nue vêtu d’un jean et du pull gris qu’elle lui avait offert à son anniversaire

Il ne sentait pas la bruine qui le mouillait, pris dans le tourbillon de ses idées noires. Il s’était égaré…. Il ne connaissait pas l’endroit où ses pas l’avaient conduit, il dépassa une maison ancienne, suivit un petit chemin et se retrouva dans un espace champ, jardin autrefois, aujourd’hui livré à lui-même.

Sa tristesse céda le pas à sa curiosité. Où se trouvait-il ? Aucune présence dans les parages. Avec étonnement son regard se fixa sur le panneau accroché au-dessus du portillon….JARDINS DES SCULPTURES…. Il entra.

La première sculpture   » L’homme assis  » était là, indifférent sous la pluie de plus en plus dense. Il s’aventura plus avant dans ce jardin en rotonde cerné d’une muraille d’arbres variés dépouillés par l’hiver, le sol très humide était un mélange d’herbe haute et de terre boueuse. Dans un coin, une porte de guingois fermait plutôt mal un monticule, grotte recouverte de verdure.

Ses pas l’avaient guidé il ne savait où !

Un spectacle fantasmagorique s’offrait à ses yeux. Telles des sentinelles, des sculptures se dressaient vers le ciel. Toutes en acier noircie par le temps elles offraient leur force avec une légèreté de poésie. Une beauté majestueuse se dégageait d’elles, et pourtant elles lui parurent effrayantes, il se sentit écrasé par leurs dimensions. Il y avait aussi des masques qui le fixaient de leurs yeux morts semblant l’interroger.  Des sous titres guidaient sa pensée.

Il s’arrêta devant un monstre à corps humain, au bout de ses bras une griffe une main.   » CLAMEUR  » : Le commencement de l’homme ou l’homme inachevé torturé demandant de l’aide pour son épanouissement.

Un autre   » CONDUCTEUR FOUDROYE  » : L’homme chevauchant une machine infernale qu’il ne contrôle plus.  La pluie continuait de tomber ! absorbé par le spectacle qui  l’assaillait de toute part il ne la sentait pas

Une vague de désespoir le submergea devant la femme portant le nom de  » JOLIE MOME  » lui rappelant ce qu’il venait de perdre. Le chant d’un coq ébranla le silence, il continua sa quête.

 » ALIENATION  » : L’être conditionné par son quotidien stéril. Jour aprés jour le quotidien avait-il détruit son amour ?

Il se trouvait maintenant devant   » FRACAS  » : antagonisme féminin masculin, l’homme montré beaucoup plus grand faisant face à la femme, bras écartés, longue queue animale touchant le sol, sexe en érection. Il ne pouvait détacher son regard de cet homme d’acier dont la face levée exprimant la souffrance semblait implorer les cieux, mettre entre lui et sa compagne plus de compréhension.

Soudain !  Il sentit une présence, le bruit de froissement qu’il avait cru entendre lui fut à nouveau perceptible !  Il se retourna… Elle était là, au milieu de ces géants d’acier…. Sa blonde princesse, son amour, sans lequel il ne saurait vivre. Devant  » LA CAGE A FEU DE PROMETHEE  » où trois mains en forme de flammes s’élançaient vers l’infini, le mirage s’évanouit : Il était seul ! seul avec son rêve brisé… Cependant il lui restait l’espoir de se retrouver avec un amour plus fort d’avoir souffert… La pluie redoubla, les cheveux, le visage les vêtements  dégoulinant, insensible au déluge ! Il quitta le territoire celte.

Avant de laisser ce lieu à sa solitude il se retourna…. Etait-il encore dans son rêve ! sur l’acier des géants il lui sembla voir briller le soleil.  

 

 

                                               ETHANE

3 SEPTEMBRE 1939

25 août, 2008

 http://blog.photos-libres.fr/category/metro/

Trois septembre 1939, quelle joie ! Ma soeur et moi partons en colonie dans les Vosges avec l’école paroissiale que nous fréquentons.

Christiane a six ans, quant à moi  je vais sur mes sept ans.

Vite dépêchez-vous ! Ma mère nous presse, mais c’est toujours difficile pour des enfants très jeunes de faire vite, les chaussettes se tirebouchonnent autour de nos pieds, et le pull s’enfile toujours à l’envers. Ma mère se fâche et nous stoppons de suite les rires nerveux qui nous secouent.

Enfin nous voici prêtes, en route pour l’aventure. Nous dégringolons en sautant les marches des trois étages de notre immeuble. En face au bout de la rue Rollin se trouve l’école : c’est là que les parents nous laissent sous la garde de madame Fournier et trois jeunes femmes qui partent avec nous. L’adieu des parents aux enfants se fait sans larmes, l’attrait du voyage grise tout ce petit monde. A l’heure dîte le groupe se dirige vers la station de Métro « Monge » qui nous mènera à la gare.

C’est le début de l’aventure ! Peu d’affluence dans le wagon où nous  montons, ce n’est pas l’heure de pointe. Les plus rapides des enfants occupent les places libres, les autres s’éparpillent au gré des affinité. Le wagon bourdonne telle une ruche.

Je suis restée debout cramponnée à la barre du milieu, la moindre secousse déchaîne les cris  et les rires et menace de me jeter au sol.

Pour la plupart d’entre nous, c’est la première fois que nous prenons le métro. Ce cheminement dans le tunnel sombre nous calme. La station éclairée, les panneaux imagés tout est nouveau.

Les portes se referment et nous replongeons dans le sombre tunnel. Mais à l’autre bout quelle surprise ! Nous sortons à l’air libre, le métro est suspendu à la hauteur des toits nous pourrions saisir les feuilles des arbres. Notre curiosité et l’agitation de notre groupe sont à leur comble. Madame Fournier calme le brouhaha et nous incite a regarder le paysage. Une touche légère de couleur d’automne se glisse dans le vert des feuilles des marronniers, le soleil lèche les façades des immeubles.

Notre wagon court vers sa destination, nous emportant heureux et radieux. Soudain une cacophonie qui ne doit rien à notre petit groupe s’élève.

Toutes les cloches de la capitale sonnent ! De la cathédrale de Paris, des églises de quartiers de clochers plus petit le bruit monte s’amplifie et résonne autour de nous. Ce n’est pas un carillon léger argentin qui annonce un événement joyeux. Le départ ou le retour des cloches de pâques mais un immense bourdonnement plein d’inquiétude, de peur, de mise en garde.

Dans le métro, les rires ce sont tus. d’abord pétrifiés les adultes sont pris d’effroi  la panique envahit le wagon, des cris des pleurs effacent les rires sur le visage des grands, la tristesse remplace la quiétude de tout à l’heure.

Nous sommes des enfants, de jeunes enfants qui ne comprenons ni ces bourdonnements ni ces pleurs l’affolement est à son comble : à notre tour pris de panique nous pleurons sentant un danger imminent. Affolés, en pleurs comme mes camarades je me cramponne plus fort à la barre de mes deux mains.

Nous sommes arrivés à la gare et installés dans deux wagons, nous avons retrouvé notre insouciance. Le train file à grande vitesse, nous regardons de tous nos yeux la campagne, les champs, les prés où paissent les vaches grande nouveauté pour nous.

Nous venons de vivre un moment important dans l’histoire de notre pays, mais ceci nous le découvrirons, quand nous aurons grandi. Nous venons d’écouter l’alarme du tocsin porté par toutes les cloches de France nous annonçant la déclaration de guerre faîte par notre patrie à l’Allemagne.

Nous continuons notre voyage vers un havre de paix.

Nous venons de lire la première page de  » la drôle de guerre  » Notre vie vient de basculer dans le chaos…. Demain ce sera le départ de nos pères, de nos frères, les restrictions et les cartes de ravitaillement, les arrestations, les interrogatoires, les tortures, les déportations et l’extermination de milliers d’êtres humains.       

Beaucoup de souffrances et d’humiliations attendaient notre pays.

                                                                        ETHANE                           

Echange d’objets, puis description de l’objet…Le petit bloc notes de Marie

24 août, 2008

                     

     Echange d'objets, puis description de l'objet...Le petit bloc notes de Marie dans LITERRATURE 5ecfe8d0aef1ed434387f57990617ade-50x50

Regardez ce petit bloc notes, ravissant n’est-ce pas ? Décoré de fins dessins

Ne dirait-on pas des épis de blés, au milieu une jolie fleur non vous abusez pas dans une peau de vache ! Sous la fleur un rabat se soulève, il est aimanté ce qui accélère la fermeture.

Les feuilles se pressent très serrées comme pour préserver leurs secrets.

Voyons ! Le premier: le rendez -vous de Paul, sur le second, Marie a noté doit 10 cent à Justine !

Sur l’autre le rendez-vous d’Ecrilude, le dernier de l’année. Chaque jour s’inscrit sur un feuillet, ce petit bloc notes a une existence peut-être éphémère..Mais sincère.

C’est le petit bloc notes de Marie, il est tout mimi.

                                                          ETHANE

Du bureau des existences

24 août, 2008

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Lettre de motivation

Dossiers de requêtes en existences

Monsieur,

Je pense que je suis apte, de pouvoir faire face à une existence, mon existence. J’ai des qualités, des défauts plus qu’il n’en faut.

J’ai de la ténacité, si la paresse ne se met pas en travers, il me faut de la motivation.

Je suis souvent triste, mais je sais y mêler de l’humour. Malheureuse comme au théâtre.

J’aime et je déteste avec sincérité. J’épouse la cause des amis dans la peine jusqu’a la faire mienne.

Je ne tends pas la joue pour être frappée et ne le ferais jamais. J’ai de l’orgueil mais pas de vanité.

Je ne rêve pas d’une vie de château, mais d’une vie de famille pleine d’amour ! regarder grandir des enfants leurs permettre d’aborder leur futur, le mieux possible

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, c’est ce qui lui donne sa valeur.

Je ne suis pas contre un gain au loto ! Un bon repas au restau ! La retraite après le boulot.

J’aime Venise et ses gondoles. L’Egypte, Ramsés et les Pyramides.

Même au fond du désespoir j’aime la vie.

Monsieur, je vous en prie, accordez moi mon existence J’essaierais d’attraper la chance.

Un rayon de soleil, un petit peu de miel pour écarter le fiel.

Un joli clair de lune a contempler à deux, une petite fossette sur la joue du bébé, la vague des blés agitée par la brise.

Monsieur  je vous remercie par avance, si vous m’accordez cette chance, d’avoir une existence,

Recevez, mes respectueuses salutations.

                                                       Un être humain.

MIRAGE

1 avril, 2008

 Felouque sur le Nil

Les deux adolescents main dans la main, contemplaient l’océan dans son immensité qui s’étendait devant eux au-dessus de leurs têtes, le ciel était encore plombé de gris. On apercevait par ici par-là quelques zones bleu pale, une lumière dorée un peu livide se dévoilait.

Les vagues couronnées d’écume blanche, par ricochets venaient mourir à leurs pieds.  » Allons vers le port Olivier suggéra Elodie, le bateau de papa y est ancré, ce n’est pas un paquebot mais un beau petit voilier, nous pourrons visiter l’intérieur. »

Olivier et Elodie regardaient le bateau, ses voiles légères claquaient doucement gonflées par le souffle de la brise qui maintenant réveillait le port encore désert.

Les bruits de tous les jours se faisaient plus distincts. Les cris d’une mouette, la vague se heurtant contre le mur de la digue, la vie reprenait ses droits avec son cortège d’agitations, de senteurs, de couleurs.

Tous deux voulaient profiter des instants magiques qui encore leurs donnaient le sentiment d’être seuls au monde.

Elodie, de la pointe de sa chaussure faisait rouler les galets en direction de l’eau, son regard fut soudain attiré par une petite pierre plate, ovale, de couleur bleue, avec en son centre une légère ligne blanche.

Elodie regardait la pierre et la pierre la regardait aussi, intriguée elle se baisse et la ramasse. Dans le creux de sa main ouverte comme dans un nid le petit caillou reposait. << regarde ma trouvaille !! >>Olivier prit la main d’Elodie, mais au moment où il passait son doigt sur la pierre un phénomène surgit.

Le port, les bateaux, les mouettes, les prémices d’agitation de la nouvelle journée s’éveillant, tout avait disparu.

Ils se retrouvaient sur une haute dune de sable brûlant couleur d’ambre.

Ahuris et effrayés se demandant ce qui leur était arrivé, ils se rapprochaient l’un de l’autre, le mieux était de descendre de cette colline. c’est à vive allure qu’ils s’élancérent, pour limiter la brûlure du sable sous leurs pieds. Ils arrivèrent au bas de la colline émerveillés par la beauté du site.

Sous leurs yeux, majestueux, un fleuve très large s’écoulait entre deux rives totalement différentes.

La rive où ils se trouvaient n’était que monts arides, blocs rocheux avec quelques touffes d’herbes rabougries.

Des enfants gardaient des chèvres broutant ces maigres pitances.

L’autre rive par contre étalait une végétation luxuriante. Les arbres : palmiers, oliviers, pommiers, eucalyptus poussaient dans un désordre verdoyant. Des papyrus très hauts et drus se balançaient au souffle d’un vent chaud, et profitaient des débordements du fleuve, affichant un vert éclatant. L’air était empli des senteurs des magnolias, des mimosas sauvages, des hibiscus et autres variétés tout aussi colorées.

Les jeunes gens restaient muets devant tant de beauté. Le Nil fleuve sacré, sans se soucier des regards étonnés du couple poursuivait son chemin. Des îlots de verdure abritaient des oiseaux de toutes sortes tels : tourterelles, colibris, têtes huppées, ibis, moineaux, des martinets, des petits perroquets, de jolis papillons multicolores virevoltaient sur les fleurs.

Soudain, sur le Nil quelques felouques voiles déployées au vent précédaient et escortaient un vaisseau royal. Sa proue était ornée de la déesse Hathor en bois doré portant le disque solaire entre ses cornes. Souveraine des étoiles, elle était celle qui par sa vigilance garantissait un voyage paisible, elle était la maîtresse de la navigation.

L’immense voile se gonflait activé par le souffle du vent. Sur la nef royale, un couple mains unies se tenait sous un voile blanc tendu sur quatre piquets, à la poupe. A leurs pieds un énorme lion somnolait, à son côté, calé contre lui un vieux chien jaune dormait. Veilleur, c’était son nom se savait protégé par le lion Massacreur !

L’homme était d’une belle stature, une lourde coiffe ornée d’un cobra couvrait sa tête. La femme prés de lui, vêtue d’une longue robe de lin blanc, était très belle, rayonnante. Ses yeux bleu-vert avaient la profondeur des eaux célestes. Un collier paraît son cou, à ses bras des bracelets garnis de lapis-l’azulites. L’homme fit signe aux  jeunes gens de monter sur le bateau, ils obéirent à cet inconnu qui dégageait une aura de chef.

Je suis Ramsès II le maître de la haute et basse Egypte, voici la grande épouse royale, ma bien aimée Néfertari. Nous voguons jusqu’à  Abou Simbel.  << Vous étes nos invités.>>

Abou Simbel dont les deux temples célèbrent depuis plusieurs siècles l’union de Ramsès et de Néfertari.

Olivier et Elodie admiraient au centre du bateau une cabine au toit bombé, appuyé sur deux colonnes à chapiteaux en forme de papyrus à l’arrière et de lotus à l’avant. Des ouvertures permettaient à l’air de circuler.

Le voyage s’effectua sans heurt, chacun contemplait la Nubie splendide et sauvage. Cet endroit qui n’était qu’un point de repérage pour les marins s’était transfiguré en un lieu ou l’esprit brillait immobile, immuable dans l’or brûlant du désert Nubien, la roche sous la main inspirée de l’architecte, puis du sculpteur avait agi, transformant la montagne rocheuse en deux temples creusés en son coeur, dévoilés par des façades. Devant le sanctuaire du sud quatre statues de Ramsès assis hautes de vingt mètres, devant celui du nord, des colosses de pharaons debout et marchant encadraient une Néfertari haute de dix mètres.

<< Abou Simbel est désormais l'expression de l'amour qui unit à travers le temps : pharaon à la grande épouse royale, confia Ramsès à ses invités <<  pour Néfertari  j'ai érigé un temple creusé dans la montagne pure de Nubie en belles pierres de grès roses qui vivront à jamais, baignées par cet amour.>>

Olivier et Elodie, très émus subissaient le charme merveilleux de ces splendeurs. Depuis quelques instants cette dernière regardait le bracelet qui enserrait le bras de Néfertari, elle adressa un signe discret à Olivier et effleura légèrement la pierre.

Le désert Nubien, les temples d’Abou Simbel le couple royal, tout avait disparu. Ils se retrouvaient sur le petit port devant le voilier. La pierre était toujours dans la main d’Elodie.

Que s’était-il passé ??   La pierre avait fait mémoire entre le passé et le présent, avaient-ils été transportés d’un pays à un autre par la force de leur inconscient.

Le mystère planera très longtemps sur leurs vies. Ce n’était qu’un mirage qui leur avait insufflé la force d’un amour, celui de Ramsès et de son épouse Néfertari. Amour qui perdurait à travers les siècles dans le désert de Nubie.

 ETHANE

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