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vierges noires d’Auvergne

28 janvier, 2011

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Tous les Dieux sauveurs des hommes naissent d’une vierge. L’église dans son ensemble s’est toujours désintérréssée de la question des vierges, qu’elle soient noires ou de toute autre couleur,  qu’elles portent un enfant ou qu’elles aient les mains libres, ressortent de l’antiquité ou d’une époque plus récente les effigies de la vierge représentent la mère de Jésus.

Le symbolisme en fut défini et présenté ( comme événement historique sans plus d’explication ) à l’adoration des foules.

Le dogme de la vierge Marie apparait assez tardivement dans le christianisme.

Dans le livre des Apôtres un seul passage mentionne le nom de la vierge (1-14) ce livre fut rédigé probablement entre 50 et 70 après la Crucifixion. Les traditions sur la vierge Marie n’ont été arrêtées qu’au VII siècle, les livres sur lesquels elles s’appuient sont tenus pour aprocryphes par l’église qui n’y considère comme authentiques que les chapitres qui lui sont utiles. Il faut attendre saint André 1091-1153 pour voir le culte marial se développer. Michelet parlant des XII et XIII siècles dira :  » C’était l’époque où la vierge envahissait presque tous les autels et tous les temples  » et Sainte- Beuve d’ajouter : » au XII siècle, Notre Dame devin la grande adoration, l’idée chevaleresque et mystique du Moyen Age. A partir de ce moment- là le culte de la vierge se devellopera et nul ne le contestera.

Le culte de la vierge est bien antérieur au christianisme, on retrouve des déesses-mères depuis le paleolithique. La vénus de Villendorf, celle de Laussel, celle de Lespugues parmi les plus connues, également ce texte d’Apulée dans ses  » Métamorphoses » XI-4 ( « l’atlantis « ). Je suis par l’univers entier adorée, sous plusieurs formes avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents. Les Phrygiens, premiers nés sur la terre m’appellent la déesse-mère de Pessinonte, les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Crécopienne, chez les habitants de l’île Chypre, je suis Vénus de Paphos, chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dyctynna, chez les siciliens qui parlent trois langues : Proserpine la Stygienne, chez les habitants d’Eleusis l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, les autres Bellone : ceux-ci Hécate, ceux-là déesse de Rahmonte.  Mais ceux qui les premiers sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples de l’Héthiopie et de l’Asie et les Egyptiens puissants par leur antique savoir, me rendent mon véritable nom : la Déesse  » ISIS « .

De l’époque de la préhistoire, nous avons retrouvé des figurines en pierre, en os  ou en ivoire, aux seins et aux ventres rebondis représentations de la terre féconde abri des hommes des cavernes dont la vie était souvent menaçée. Avec l’agriculture, reste le culte de la terre-mère ou déesse-mère. La terre comme le corps de la femme est le receptacle où se développe, grandit et prend force la vie.

Isis en Egypte avait une place très importante au milieu d’un nombre considérable de dieux. Elle était le passé, le présent et l’avenir la nature mère, la souveraine des éléments. Elle devint celle qui est l’art, ses temples s’élevérent partout en méditerranée. Isis nous dit Fulcanelli citant Bigarne, c’est dans la théogonie astronomique, l’attribut de la vierge que plusieurs monuments bien antérieurs au christianisme désignent sous le noms de  » vierges paritura  » la terre avant sa fécondation et que les rayons du soleil vont bientôt animer.

Chartres posséde deux vierges noires dont l’une est désignée par « Notre Dame de sous terre.

 Cinq papes et quatorze rois s’agenouillèrent aux pieds de la vierge du Puy.         

Marsat : La reine des vierges noires d’auvergne, la statue fut placée là au XIII siècle probablement par les moines bénédictins de Mozac.

Riom : à Riom, Notre-Dame du Marthuret est justement fière de sa vierge à l’oiseau adossée au pilier de la porte, mais ce chef-d’oeuvre posséde une vierge noire qui ne remonte pas au-delà du XVII siécle. une coutume voulait que chaque année les habitants de Riom offrent une légère roue de bois où un cordon de cire blanche garni de fleurs s’enroulait cent et cent fois replié sur lui même, cette roue était portée en procession à marsat et, à l’entrée de la paroisse, d’abord déposée sur deux pierres avant d’être suspendue devant la statue, au Moyen Age une confrérie de la roue de cire fut crée.

A Clermont ferrand : La statue actuelle est une vierge dite de tendresse, alors que l’original était une majesté, comme les précédentes. Elles furent exposées dans la crypte à coté d’un puits sacré ( ce qui est un élément de la religion Celtique ). Cette vierge fut trouvée d’après Saillens dans un puits sacré bien avant la construction de l’église, elle était alors barbouillée de rouge.

A Mauriac dans le Cantal se trouve une vierge debout de ImI4 de hauteur portant l’enfant sur son bras, sculptée au XIX siécle elle remplace l’authentique vierge noire assise en majesté qui datait du XI ou peut-être du X siècle, comme toutes les vierges noires, celle-ci est aussi une vierge miraculeuse qui passe pour avoir une action bienfaisante sur les captifs, c’est ainsi que deux auvergnats prisonniers des Arabes en Espagne se retrouvèrent malgré leurs chaines, endormis devant l’église de Mauriac.

Notre-Dame des oliviers à murat : l’image est en bois d’oliviers, elle est fétée à la chandeleur elle est alors habillée de vert ainsi que ses cierges verts pour accompagner la vierge noire.

Au-delà de ce site Auvergnat si riche et si tourmenté par les forces tellurique, nous pouvons rencontrer tout au long des chemins de Compostelle d’autres vierge noires, toutes répondant aux mêmes descriptions, nous pouvons tenter de comprendre et déchiffrer le message secret qu’elles tentent de nous transmettre.

                                           ETHANE

 

 

Bibliographie : Zodiaque, Jacques Huynen( R. Laffont) Larousse, Fulcanelli, Emile Saillens ( les éditions universelles )