» ANNAIK « 

 Vous la connaissez ??????????? C'est BECASSINE

Une partie de ma famille, celle par alliance est Normande, du calvados une région agréable, avec des bocages biens verts. Entre Lisieux et Coquainvilliers, Caen et Deauville, nous avons passé mes enfants et moi de très bonnes vacances.

Les mauvaises langues vous diront  » En normandie, il pleut toujours ! ne les écoutez pas, les nuages arrosent  juste ce qu’il faut, pour un paysage luxuriant. Quel plaisir la pêche aux moules ou le ramassage des coques et sous les petits rochers débusquer les étrilles.

J’ai tout de même un regret, pas de famille ou d’amis en  bretagne, alors je ne connais pas la bretagne ! !

Ah mais si,  j’ai une cousine ! ! Bécassine.

Bécassine  c’est ma cousine, elle est drôle ma cousine, une tête toute ronde un petit bouton en guise de nez, des sourcils haut perchés. un parapluie rouge qui ne la quitte pas à tête de canard.

Février 1905  l’éditeur Henri Gautier s’appréta a lancer un nouveau magasine pour la jeunesse  » La semaine de Suzette  » qui paraîtra tous les jeudis est destinée à la fillette à partir de huit ans. Les enfants y trouvent sous forme de petits récits imagés des leçons de morale et de bonnes manières, des jeux,des idées d’activités, des recettes de cuisine et des conseils de jardinage, de couture et de broderie.

Le premier numéro de la semaine de la Semaine de Suzette est prêt pour l’imprimerie, mais la rédactrice en chef Jacqueline Rivière s’aperçoit que la dernière page est vide, combler ce vide est urgent, elle improvise une petite histoire pour rire.

Une jeune domestique ignorante et naîve Bécassine entre au service de l’aristocrate marquise de Grand-Air. Pour son premier jour Bécassine confond des spahis (des militaires en uniforme rouge ) avec des homards, l’un et l’autre son rouge !

Jacqueline Rivière le court scénario fruit de son imagination terminé arrête le premier dessinateur qui passe par là et lui demande de l’illustrer. Ce dessinateur s’appelle Joseph Porphyre Pinchon immédiatement il se met au travail et d’un coup de crayon net et précis il donne un visage à Bécassine et l’habille avec une tenue folklorique incertaine, une coiffe blanche sur sa bouille toute ronde, une robe verte dont le bas de la jupe et les larges manches sont bordées d’une bande noire et d’un corselet rouge, de gros bas de laine des souliers informes et un tablier blanc. avec un air ahuri et un baluchon accroché au bout d’un parapluie Bécassine débarque à la rencontre des lectrices de la Semaine de Suzette c’est un triomphe, il a été tiré à cent mille exemplaires et distribué gratuitement pour le lancement du magazine. La direction reçoit un abondant courrier de fillettes déçues par l’absence de Bécassine dans le deuxième numéro et les suivants.

Quelques mois plus tard elle revient et en première page cette fois. Elle ne donne pas de conseil ni de leçon de morale simplement elle fait rire. Il faut dire que Bécassine est d’une bétise et stupidité incurable sans borne. Son parlé est un langage populaire familier déformé pittoresque. Quand elle écrit à sa niéce son orthographe est des plus fantaisiste .

C’est en 1913, une centaine  » d’historiettes » de Bécassine plus tard que le neveu et associé de l’éditeur Henri Gautier prend la relève de Jacqueline Rivière pour écrire les scénarios, Pinchon lui, continue a signer les dessins. C’est cette année là que parait le premier album de Bécassine : c’est l’enfance de Bécassine.

La petite Bécassine pose fièrement pour la première fois  avec son parapluie rouge à tête de canard. Cet album fait un retour en arrière et nous révèle  son véritable nom,  Annaik Labornez, son village natal  situé près de Quimper a pour nom Clocher- les- bécasses, ses parents de pauvres paysans se désolaient de la petitesse du nez de leur fille, à Clocher- les Bécasses on est persuadé que l’intelligence est proportionnelle à la longueur du nez, voilà comment pour conjurer le sort ses parents affublèrent la petite Annaik du surnom de bécassine, la bécasse étant un oiseau au long bec. Sa cousine Marie Quillouch est dotée d’un long nez dont elle est très fière mais son teint est jaune, elle est envieuse et méchante. Lorsque j’étais très jeune j’aimais beaucoup le passage ou Bécassine et Marie Quillouch bébés, empaquetées dans un lange sont accrochées au mûr  » le parc de bébé n’éxistait pas  » Bécassine très sage regardait autour d’elle alors que Marie Quillouch se démenait comme un beau diable son teint jaune virait au violet .

Bien plus tard la marquise de Grand-Air l’engage comme bonne a tout faire, elle fait preuve d’une patience et d’une indulgence remarquable à l’égard de cette jeune étourdie dont les bétises et les catastrophes ne se comptent plus. Au fil du temps des liens étroits se tissent entre la marquise et Bécassine. De simple servante elle deviendra ensuite gouvernante auprès de Loulotte la petite orpheline recueillie par la marquise.

Dans les années 1920 la crise économique cause la ruine des grandes familles. La fortune de la marquise de Grand-Air fond comme neige au soleil. Fini les séjours dans les Palaces, elle doit reduire ses dépenses,  elle loue ses châteaux se sépare de ses domestiques, la marquise, Loulotte et Bécassine passent leurs vacances dans des hôtels  plus que modestes et même en caravane durant l’été 1939 !

En septembre 1939 la deuxième guerre mondiale éclate ! en juin 1940 les Allemands sont à Paris. Ils débarquent dans les locaux des éditions Gautier-Languereau et font détruire tous les albums de Bécassine qui s’y trouvent et décrétent que posséder et lire Bécassine est interdit. Pourquoi cette décision haineuse à l’encontre d’un personnage de fiction à priori inoffensif mais très populaire en France et que depuis la première guerre mondiale Bécassine n’a pas dissimulé ses sentiments anti-allemands ou plutôt ceux de son scénariste.

Interdite par les Allemands, Bécassine se retrouve orpheline, son scénariste Maurice Laguereau alias Caumery meurt en 1941. Après la guerre  en 1946 dans la semaine de Suzette Bécassine réapparait, toujours simple et modeste elle raconte comment elle a traversé les années noires de la guerre.

On apprend ainsi qu’elle s’est trouvée   » sans le savoir engagée dans la résistance «  et qu’elle a fait pousser des salades dans son appartement pour se nourrir.

Pinchon meurt en 1953. Il est temps pour Bécassine, après plus de quarente années de bons et loyaux services de prendre sa retraite.

Je n’ai qu’une cousine en Bretagne !! Mais qu’elle cousine……….

                                                 ETHANE

 

 

 

2 Réponses à “ » ANNAIK « ”

  1. chantalflury dit :

    Très bel écrit, riche en explications et plein d’humour.
    Chantal-Claire.

    Dernière publication sur Amour, Beauté, Désir : NOSTALGIE

  2. hd sextube dit :

    Annaik.. Amazing :)

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