Archive pour mai, 2010

Une allée au Luxembourg

27 mai, 2010

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J’ai grandi, à l’ombre de ce merveilleux jardin.

Elle a passé, la jeune fille , 

Vive et preste comme un oiseau :                                                                   

A la main une fleur qui brille,                                                                       

A la bouche un refrain nouveau .

C’est peut-être la seule au monde                                                                  

Dont le coeur au mien répondrait,                                                                

Qui, venant de ma nuit profonde,                                                               

D’un seul regard l’éclairerait  !…. 

Mais non- jeunesse est finie…                                                                       

Adieu, doux rayon qui m’as lui -                                                                

Parfum, jeune fille, harmonie…                                                                           

Le bonheur passait – il a fui . 

     GERARD DE NERVAL                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

LE VOYAGE

23 mai, 2010

Wagon

Vous avez eu peur de manquer votre train, le taxi qui vous menait à la gare a pris le chemin des écoliers, vous commencez a vous inquiéter.

Enfin voici la gare, vous rejoignez le quai  21 naturellement vous devez faire un petit détour, vous jetez un rapide coup d’oeil au grand panneau d’affichage des horaires, il était temps  vous n’avez plus qu’un quart d’heure, dommage vous ne pouvez acheter un sandwich  il vous faut vous dépécher, vous n’aimez pas monter dans les derniers wagons.

Vous pressez le pas, celui-ci ! c’est bien ! c’est un wagon de milieu, le compartiment est vide, vous avez le choix des places dans le sens de la marche ! c’est parfait vous avez le mal des transports, c’est très désagréable.

Vous perchez votre valise, ôtez votre vêtement le pliez et le déposez sur votre bagage, dès que le train va rouler la température va s’élever.

C’est bien installée que vous attendez le départ du train. Vous avez eu la surprise d’une table entre les deux banquettes ce sera plus facile de faire les mots croisés.

Vous regardez votre montre encore dix minutes avant le départ, vous n’étiez pas si en retard que ça. Le compartiment se remplie, un vieux monsieur son journal sous le bras pousse une grosse valise et la case avec les autres dans l’emplacement réservé à cet usage, il choisit sa place, retire son imper et le met dans le filet. Une mère et ses deux jeunes enfants s’installent à leur tour.

Le chef de gare ne va pas tarder a siffler pour annoncer le départ, vous voyez une jeune femme toute essoufflée pénétrer dans le compartiment, vous la regardez s’approcher de vous.

Vous permettez que je m’installe ici, si la place est libre vous dit-elle dans un sourire, oui bien sure, la banquette n’est pas occupée. vous l’aidez a percher ses sacs dans le filet, elle s’installe en face de vous.

Le chef de train vous annonce d’un coup de sifflet strident le départ du convoi , celui-ci s’ébranle il roule une vitesse de croisière puis il double sa puissance.

Rapidement vous sentez que la chaleur dans le wagon augmente vous pouvez enlever votre veste de laine.

Vous êtes bercée par la cadence des roues, le train file maintenant à grande vitesse. Vous appuyez votre tête, vous fermez les yeux vous savourez le début de ce voyage. Votre voisine regarde le paysage, le soleil nimbe ses cheveux blonds de reflets dorés. Un tintement résonne, vous découvrez l’employer du wagon-restaurant qui annonce son ouverture, il est encore trop tôt pour un repas, vous avez une bouteille d’eau que vous trouvez suffisante, vous irez plus tard.

Vous proposez à la jeune femme un magasine, en voyage c’est une lecture facile et si elle aime faire les mots croisés ! Chacune se plonge dans sa lecture, pas très longtemps vous apercevez le contrôleur qui demande les billets aux voyageurs et les poinçonne, le calme revient bientôt interrompu par la sonnette du restaurant, c’est le dernier avertissement. Le vieux monsieur se lève rejoint le corridor. A votre tour vous vous levez, votre voisine fait de même. Le wagon- restaurant se trouve deux wagons  plus loin cela vous dégourdira un peu vous aviez des fourmis dans les jambes, vous ne restez jamais si longtemps assise et le voyage n’est pas terminé.

Enfin vous voici installée avec votre compagne de compartiment, vous commendez un jambon salade et un café. Le sandwich est bon, le café un peu amer, cela ne vaut pas le panier repas que l’on prépare.

Enfant, quand vous preniez le train avec vos parents vous adoriez avec le pain et le jambon, l’oeuf dur, vous trouviez cela merveilleux de mordre à pleines dents dans l’oeuf entier au risque de vous étoufffer.

Vous regagniez votre compartiment ! c’est ici.

Derrière la grande vitre le paysage défile à grande vitesse, vous apercevez les arbres en fleurs, les prés avec des moutons, vous les trouvez très petits vus en accéléré.

Avec Maud, c’est le prénon de votre voisine vous entamez une discussion, vous échangez vos idées, vos préférences. Comme vous elle aime les voyages, vous auriez pu vous rencontrer dans une croisière sur le Nil ou ailleur. Elle attend que Matthias son petit garçon soit plus agé pour reprendre ses voyages. Des brides de souvenirs volent de l’une à l’autre, des couleur des odeurs des lieux de destinations, des anecdotes cocasses, vous riez de bons coeur et le trajet vous paraissez très acceptable.

Avec ces papotages vous ne voyez pas passer le temps, vous approchez de votre destination, vous ressortez de votre sac la bouteille d’eau, vous la videz entièrement par petites lampées vous laisserez cette bouteille vide avec les mots croisés que vous avez achevé dans le vide poche, inutile de vous encombrer plus qu-il n’en faut.

La mère des deux jeunes enfants fourrage dans son sac, en sort des bonnets elle en coiffe les petits, descend sa valise. Vous voyez les deux enfants s’enerver à l’approche du terme de ce voyage. Le vieux monsieur tire sa valise avec difficulté, elle est coincée, vous constatez que l’union fait la force un jeune homme l’aide, le bagage est dégagé rapidement.

Votre compagne se prépare, vous l’aidez a descendre sa valise, vous échangez vos numéros de portables, vous vous êtes fait vos adieux, c’est vrai vous avez forgé un lien amical avec cette jeune femme, seul l’avenir décidera si ce lien est solide, peut-être vous rencontrerez -vous plus tard. Ah ! le train entre en gare, dans le compartiment les voyageurs s’agitent. Vous ajustez votre vêtement passez une main dans vos cheveux afin de les discipliner, puis d’un pas décidé vous vous dirigez vers la sortie, vous descendez avec précaution les marches, vous êtes sur le quai et adressez à Maud un dernier geste amical de la main. Vous avancez , en fin de voie votre regard  fait le tour des personnes attendant les passagers.

Vous stoppez vos recherches là devant vous à quelques mètres, vous apercevez les visages souriant de votre famille, vous avancez à la rencontre du petit groupe, heureuse de les retrouver, vous serrez tour à tour les êtres chers.

Vous parlez tous en même temps et riez heureux de ces retrouvailles, vous vous dirigez vers la sortie de la gare, le voyage est terminé.

                                                          ETHANE

Ecrire au « vous » est inspiré de la façon  Michel  BUTOR